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Un projet éducatif fait en papier…

Ils n’attirent pas forcément l’attention et peuvent sembler anodins. Pourtant les sacs en papier qui vous seront offerts dans les magasins Bodia ont beaucoup plus à dire qu’il n’y paraît. Résultat d’un partenariat de plus de 8 ans, ils attestent de l’engagement passionné des animateurs et des bénéficiaires de l’association « the Rabbit school » que nous vous proposons de découvrir à travers le témoignage de son directeur de programme : Mr. Vong Vuthy.

Bonjour Mr. Vuthy, pourriez-vous nous dire ce que réalise « The Rabbit School » et comment vous avez intégré l’association ?

Bonjour, « The Rabbit School » est une organisation non-gouvernementale cambodgienne qui a pour vocation d’accueillir des enfants et des jeunes adultes atteints de handicap mental et de leur permettre d’accéder à un programme d’éducation spécialisé. Nous les accompagnons vers un développement personnel adapté et une inclusion dans la société au sens large et au sein de leur environnement de vie personnelle. Nos programmes nous permettent d’accueillir des enfants à partir de l’âge de 4ans et ils peuvent rester avec nous jusqu’à leur 25 ans en fonction de leurs progrès et du degré de leur handicap.

En ce qui me concerne j’ai découvert l’association en rentrant d’Australie où j’étais parti étudier les systèmes technologiques et d’information appliqués à l’éducation grâce à une bourse d’étude. J’ai donc postulé à « The rabbit school » pour le poste de Directeur du Programme d’éducation. L’annonce décrivait l’école comme offrant des cursus « spéciaux ».  A l’époque on utilisait beaucoup le terme « programmes spéciaux » pour parler de programmes liés à l’apprentissage des hautes technologies j’ai donc naturellement cru que l’école proposait des méthodes articulées autour des ordinateurs. C’est en arrivant à l’entretien d’embauche que j’ai réalisé mon erreur. J’étais confus mais surtout j’ai été immédiatement curieux de comprendre quel était cet endroit. J’ai discuté avec des parents d’élèves qui attendaient leurs enfants. J’ai très vite pu comprendre leurs problématiques et ce que cette école avait de « spéciale ». Cela m’a passionné et c’est donc 20 minutes avant mon entretien que j’ai réellement saisi à quel poste j’étais en train de candidater, et que loin d’entamer mon enthousiasme j’avais très envie de m’y impliquer. J’ai eu le poste cela fait 7ans que je travaille avec les enfants, les équipes et les parents.

Comment est née The Rabbit School ?

Il faut savoir qu’au Cambodge les enfants atteints de handicap sont très mal considérés. Souvent les croyances populaires attribuent le handicap à un mauvais karma, c’est-à-dire aux conséquences de mauvaises actions que les parents auraient commis dans le passé. Ajoutez à cela le niveau de pauvreté de beaucoup de familles et vous comprenez que la plupart de ces enfants sont vus comme des fardeaux. Par méconnaissance de leurs capacités et par manque de structures adaptées, ils n’ont pas accès à l’éducation. Ils se retrouvent isolés et sont sujet à une très grande précarité.

Les origines du projet remontent à 1997. Il s’agissait à la base d’un projet pilote pour recueillir les enfants atteints d’un handicap qui avaient été abandonnés ou qui se retrouvaient orphelins après la guerre.

Ce projet a servi de base pour développer les premiers programmes éducatifs adaptés car rien n’était prévu dans les manuels scolaires ou dans les infrastructures à cette époque. A partir de 2008 nous avons créé la première classe inclusive, c’est-à-dire qui accueille à la fois des enfants atteints et non atteints de handicap dans une école primaire de Toul Kork à Phnom Penh et depuis nos activités et nos capacités d’accueil n’ont fait que croître.

On ne se rend pas bien compte de l’ampleur de la tâche. Vous pourriez nous aider à nous faire une idée ?

A mon arrivée en 2015, nous encadrions 125 jeunes de tout âge à Phnom Penh uniquement. Juste avant la crise du Covid et la fermeture obligatoire des écoles, nous en comptions 490 dans nos centres sur 4 provinces. 

Et depuis que le gouvernement royal du Cambodge a placé l’inclusion des personnes en situation de handicap dans les priorités de sa politique éducative, nous pouvons à présent viser un développement plus ample et souhaiterions atteindre 2800 enfants dans les 4 années à venir et implanter au moins une classe inclusive par région dans des établissements publics. Ce serait un progrès considérable et pourtant, on estime que cela ne permettrait de servir que 50% de la population cible, il y aura donc encore beaucoup à faire. Parce qu’au-delà de la prise en charge, c’est avant tout l’identification et l’orientation des enfants et de leur famille qui est un point clé de notre projet.

Mais avec les nouveaux moyens numériques, les téléphones portables etc… on devrait avancer beaucoup plus vite dans le futur.

Et puis au-delà de l’école nous avons notre programme de formation professionnelle que nous voulons développer. Aujourd’hui il s’agit d’un groupe de 25 jeunes, mais nous pourrions en attendre beaucoup plus.

Quels sont selon vous les bénéfices d’un tel système d’accueil pour les enfants ?

Les mêmes bénéfices que n’importe quel enfant reçoit en fréquentant l’école, les autres étudiants et les professeurs.

Au-delà des matières académiques comme les mathématiques, le khmer ou l’histoire qu’ils apprennent à leur rythme et selon des méthodes adaptées, ils apprennent les bases de la vie en société comme tous les enfants. Le respect des autres, la discipline, comment s’exprimer dans un groupe etc… C’est très important pour le développement de leur personnalité et les amener à communiquer avec leur entourage.

Très rapidement les enfants qui rejoignent notre programme montrent de net progrès et surtout leur bien-être personnel s’améliore très vite. Ils sont moins déprimés, ils ont un but pour se lever le matin et comme ils font des sorties avec les accompagnateurs ils sont stimulés par des gens extérieurs et s’éveillent un peu plus à chaque fois. Leur qualité de vie est grandement améliorée.

D’un point de vue des bénéfices, c’est aussi au niveau des parents que cela se ressent beaucoup. Comme je le disais avant, ils sont souvent pauvres et démunis pour s’occuper seuls de leurs enfants en même temps que de devoir assurer une vie professionnelle. Donc le fait de savoir que leur enfant est accueilli et encadré par une équipe attentionnée, cela les sécurise beaucoup et ils peuvent se consacrer à leurs occupations avec l’esprit libre. Et dans certains cas malheureusement, c’est l’enfant lui-même que nous protégeons d’un parent ou d’un voisin abusif ou violent…

Ce que je voudrais ajouter aussi c’est qu’au niveau des bénéfices il faut compter le changement du regard des gens et des autres enfants sur le handicap en général, pas seulement à l’échelle individuelle mais à l’échelle de la société cambodgienne. Dans les écoles inclusives ou lors des sorties, les enfants jouent ensemble quelle que soit leur situation de handicap. Les parents d’élèves ou les gens qu’ils rencontrent apprennent à démystifier ces enfants un peu spéciaux et s’adaptent à leur tour.

Vous nous avez parlé de la formation professionnelle, en quoi cela consiste-t-il exactement ?

C’est une initiative qui a été lancée en 2012 pour proposer un cadre d’accueil aux jeunes adultes entre 16 et 25 ans.

C’est un peu un mélange d’école et de centre professionnel encadré. Les jeunes continuent à recevoir des cours de mathématiques et d’autres matières mais ils s’engagent aussi en petit groupe dans une activité professionnelle génératrice de revenus auprès de partenaires, tel que Bodia par exemple.

Cela leur permet de continuer à fréquenter le centre et à voir leurs amis et leurs professeurs. Cela permet donc un suivi de tout ce qu’ils ont appris avant et en plus ils se sentent valorisés car ils ont un travail, ils se savent productifs et peuvent ramener un salaire chez eux pour participer activement à la vie de leur famille.

Au démarrage nous avons développé une activité de confection de T-shirt sérigraphiés et de sacs en papier. Dans le futur nous envisageons des formations dans le domaine de la restauration ou à la confection de café par exemple. C’est à l’étude mais pas pour tout de suite. Là aussi le Covid nous a forcé à suspendre l’activité.

Quel est le rôle de Bodia dans l’activité « centre professionnel » ?

Bodia c’est notre partenaire le plus fidèle sur l’activité de confection des sacs en papier (https://www.youtube.com/watch?v=w9lQjpwiohM). Ils avaient commencé en 2012 avant que je n’arrive à mon poste puisqu’ils ont été à l’origine du projet.

Comme Bodia est connu pour chercher ses fournisseurs localement, l’un de nos partenaire technique et financier « Aide et Action » avait contacté Bodia pour leur proposer de faire un projet de fabrication local de sac en papier avec nos jeunes. Bodia s’est engagé tout de suite et a continué à soutenir le projet pendant tout ce temps. Avec notre équipe nous avons pu fournir jusqu’à 1000 sacs par mois ce qui restait en dessous de leur demande mais nous n’avions pas encore la possibilité d’accueillir plus de jeunes et d’encadrants. Dans le futur j’ai bon espoir que nous pourrons leur proposer de fournir plus de produits ou de sacs, je sais qu’ils sont demandeurs.

Nos sacs sont plus chers que ce que vous pourriez trouver dans le commerce et le rythme de livraison est plus lent mais nous savons tous que l’intérêt de ce centre de formation n’est pas dans sa rentabilité financière. D’ailleurs l’intégralité des revenus est reversée aux jeunes. Nous ne sommes pas une entreprise, donc nous ne raisonnons pas de la même manière qu’un fournisseur lambda et ça Bodia l’a parfaitement compris et accepté dès le début du projet.

Quel avenir voyez-vous pour la Rabbit School ?

Dès que nous pourrons rouvrir les écoles et les centres de formation, notre priorité sera sur le retour des enfants bien sûr et la reprise de nos activités. Mais à moyen terme, nous avons un objectif de plus grande ampleur : la transition des écoles vers une prise en charge par le ministère de l’éducation nationale. Aujourd’hui nous en sommes déjà à 50% de transfert du personnel d’encadrement et du budget. C’est une étape décisive pour pérenniser nos centres et permettre une prise en charge de tous les enfants cambodgiens au niveau national quel que soit leur condition de handicap.[U1] 

Comme je vous le disais, la politique éducative du gouvernement a inscrit le sujet de l’inclusion dans ses priorités avec des objectifs concrets à relativement court terme. C’est donc devenu un sujet national qui doit permettre d’harmoniser les programmes, la prise en charge, la formation des enseignants. Aussi, un des points importants est l’accès aux classes inclusives d’un point de vue géographique. Aujourd’hui des familles entières sont obligées de déménager vers la capitale s’ils veulent que leur enfant puisse être pris en charge. En ayant au moins une classe inclusive dans chacune des 25 régions du Cambodge on limitera le déracinement de ces familles.

Comment peut-on soutenir la rabbit school ?

Comme beaucoup de petites ONG, nous avons besoin de fonds. Nous n’avons pas encore de système de don en ligne mais nous avons mis les coordonnées bancaires sur notre site internet (https://www.rabbitschoolcambodia.net/donate). Sinon nous avons besoin de fournitures scolaires, de jeux, de livres etc… tout ce que l’on trouve dans une école. Nous encourageons les jeunes à rentrer chez eux avec des livres en khmer par exemple pour lire ou jouer en famille après la classe.

Et puis à moyen terme pour les gens qui peuvent nous accorder du temps et des compétences, nous pouvons monter des petits ateliers d’échange et de découverte avec les encadrants de l’école pour diversifier les expériences des jeunes.

Comment peut-on soutenir la rabbit school ?

Comme beaucoup de petites ONG, nous avons besoin de fonds. Nous n’avons pas encore de système de don en ligne mais nous avons mis les coordonnées bancaires sur notre site internet (https://www.rabbitschoolcambodia.net/donate). Sinon nous avons besoin de fournitures scolaires, de jeux, de livres etc… tout ce que l’on trouve dans une école. Nous encourageons les jeunes à rentrer chez eux avec des livres en khmer par exemple pour lire ou jouer en famille après la classe.

Et puis à moyen terme pour les gens qui peuvent nous accorder du temps et des compétences, nous pouvons monter des petits ateliers d’échange et de découverte avec les encadrants de l’école pour diversifier les expériences des jeunes.

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